Voici notre septième texte gagnant de "la légende de l'Ebouillanté"!

 

"GRÂCE AUX ANGES"

Les cloches sonnaient à toute volée sans doute à cause du soleil qui ne cessait de frapper et chauffer le clocher.
L’homme s’était adossé à la façade bleue de l’établissement où il s’était assis le temps de boire un thé et écrire ses pensées du moment. Attiré par le tintement persistant des cloches, il jeta un regard furtif vers le clocher au moment même où deux petits anges s’en échappèrent… Il n’en croyait pas ses yeux, de plus à ce moment précis les cloches cessèrent de sonner ! Ces petits anges en étaient-ils les carillonneurs ? Il ne savait que penser tellement il était surpris, mais pas tant que quand il vit les deux angelots virevolter puis descendre vers lui pour se poser sur sa table…
« Bonjour, dit le premier, nous sommes des angelots espagnols qui sont venus à l’église Saint-Gervais pensant y trouver des glaces mais il paraît que c’est l’autre église sur l’île en face, Sainte-Berthe, protectrice des petits enfants venus du froid, de la banquise et qu’on appelle depuis des Berthillons »
Ma petite sœur, continua-t-il s’appelle Antès, mais on ne prononce pas le « s » et je m’appelle Ibu mais on prononce « ibou » et toi comment t’appelles-tu ?
L’homme, encore un peu étonné répondit : « Mon nom est DixCinquante »
C’est un drôle de nom ! S’exclamèrent les petiots, oui, repris l’homme, mais j’espère bien le doubler au fil des siècles…
La petite fille demanda : « Pourquoi n’écris-tu rien sur ta feuille ? »
« Parce que je n’ai pas encore trouvé mais je pressent que c’est pour bientôt. Attendez, je tiens à vous présenter aux patrons de cette maison" Il appela :
« Aldine, Ichel ! » (Ils accoururent aussitôt) « Laissez moi vous présenter mes deux amis Anté et Ibou » - « Enchantés » dirent les deux poupons ailés « mais nous devons maintenant rentrer chez-nous avant qu’il ne soit trop tard car le vol est long jusqu’à notre église mère : « Santa Maria de la... » Alors ils s’envolèrent et disparurent à jamais.
L’homme s’empressa d’écrire cette histoire sur sa feuille qui se noircit à vue d’œil mais une saute de vent soudaine jeta son papier dans les nues.
Cette histoire resta inconnue pendant très très longtemps jusqu’à aujourd’hui, à mon retour d’Espagne où, par un incroyable hasard j’ai trouvé cette feuille devant la statue d’un petit angelot qui, m’a-t-il semblé, m’a sourit.
On a donc pu apprendre, grâce à ce texte retrouvé qu’à la suite de cette rencontre, Aldine et Ichel appelèrent leur restaurant « L’Ibou y Anté » qui fut transformé un soir d’automne d’une plume d’ange par « L’ébouillanté »
L’histoire ne nous dit pas si DixCinquante aura réussi au fil des siècles à doubler son nom…

VINCENT CHARBONNIER

 

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